Découvrez : Alliance Divine

Cartes et livret entièrement bilingues (français-anglais)

Voir le jeu     Tirer ma carte du jour

Si une langue est un voyage de l’âme, je me suis incarnée en ce monde avec une valise !  Partie d’une contrée qui s’appelle « l’anglais », j’arrive à une autre, celle du français.  Sur la page je trouve ma patrie, quelle que soit l’expression choisie.  J’aime ce qui s’y passe : cette rencontre trinitaire de l’auteur, du lecteur et de la page qui nous rassemble. Ainsi se réalise le mystère, constamment renouvelé, de nos retrouvailles, grâce au médium insaisissable de la conscience, où vogue la pensée.  Je remercie tous ceux qui acceptent d’entrer dans ce partage avec moi.

Louise Thunin, née aux Etats-Unis, est auteur bilingue.  Elle a publié des nouvelles, des romans et des livres-témoignage de son activité en tant qu’aumônier, dans un établissement pénitentiaire pour hommes.  Son ouvrage le plus récent est un « oracle » psycho-spirituel, Alliance divine, cartes de sagesse biblique, accompagnées d’un livret explicatif. La présentation en est entièrement bilingue.  Ce jeu, aux illustrations frappantes, est unique en son genre. On peut l’utiliser seul ou en groupe.  L’ouvrage sera disponible au courant de l’été 2016. 

Un océan sous un papier à bon-bon

Un océan sous un papier à bonbon, ce n’est pas évident.  Et vous imaginez que je peux écrire sur ce sujet, simplement parce que traverser l’Océan, c’est mon truc ?

         Qu’est-ce qui vous fait penser, d’ailleurs, que je sais quoi que ce soit sur les bonbons ou sur les océans ? Il me semble qu’un papier à bonbon est trop petit pour recouvrir l’Atlantique, mais dire cela serait entrer dans des considérations bassement terre-à-terre— ce qui ne convient pas pour parler des océans.  Un papier à bonbon, ça limite un peu le regard, alors qu’un océan l’ouvre. On ne sait pas ce qu’il y a de l’autre côté, alors que de l’autre côté du bonbon, il y a des calories, point barre. Il y a un moment de plaisir, peut-être, si on aime les bonbons. Il peut y avoir une visite chez le dentiste sous-jacente. Mais là, on s’en fiche, ce n’est pas du tout poétique.

Vêtues de voiles noirs

         La princesse Maâtkaré est morte.  Chuuut.  Il ne faut surtout pas dire de quoi.  Nous sommes dans la 22e dynastie égyptienne.  C’est la petite-fille de Ramsès Onze.  Elle a 16 ans, et elle était grande-prêtresse d’Amon-Râ.  Que fera le grand dieu Soleil sans sa petite prêtresse ?  Les femmes de chambre ne sont pas étonnées qu’il fasse si sombre.  Elles ne s’étonneraient même pas si le ciel se mettait à déverser des torrents, alors que la saison n’est pas à la pluie. Vêtues de voiles noirs, elles veillent le corps frêle de la princesse.  Bientôt viendront ceux qui connaissent l’art de traiter la chair des morts, pour qu’elle dure éternellement et que l’âme du défunt puisse continuer à en être pourvue, lorsqu’elle empruntera la barque de la grande traversée.  Et après… Pour l’éternité, comme je vous le disais. 

17 Sept. « le passager récalcitrant »

Confessions d’un charmeur de serpents

Mes parents m’ont choisi le beau prénom d’Ananda, « celui qui est dans la béatitude. »  Dommage que ce ne soit pas toujours le cas ! Je suis né à Jaipur il y a 36 ans, héritier d’une lignée de fakirs charmeurs de serpents.  Mon grand-père et mon père m’ont transmis les secrets de la family business.  C’est grâce à celle-ci que nous pourvoyons aux besoins de nos épouses et de nos enfants.  On nous fait bien des reproches de nos jours, où les sentiments envers la nature sont exacerbés, mais n’empêche, nous sommes une lignée d’hommes respectables et même craints.

         Bon, je vous explique : notre métier exige que les glandes à venin des cobras, qui sont notre fonds de commerce, soient percées. Le serpent perd ainsi  sa dangerosité, qui est énorme.  Ceci entraîne au bout de quelques mois la mort de l’animal.  Une seule petite morsure de cobra peut terrasser un jeune éléphant.  Vous comprendrez que c’est une opération nécessaire, car en réalité nous ne charmons rien du tout, et de plus, le cobra n’est pas plus musicien que le tabouret d’un piano.  Bref, nous renouvelons régulièrement  notre stock, si je puis dire, afin de pourvoir aux besoins du métier.  Nos outils indispensables sont un pungi, la flûte dont nous jouons, un panier et…un cobra avec sa belle capuche et ses petits yeux brillants d’intelligence et de terreur.  Eh, oui, il doit avoir peur et se mettre sur la défensive, si nous voulons qu’il se dresse dans le panier et ondule de tout son long.