Découvrez : Alliance Divine

Cartes et livret entièrement bilingues (français-anglais)

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Si une langue est un voyage de l’âme, je me suis incarnée en ce monde avec une valise !  Partie d’une contrée qui s’appelle « l’anglais », j’arrive à une autre, celle du français.  Sur la page je trouve ma patrie, quelle que soit l’expression choisie.  J’aime ce qui s’y passe : cette rencontre trinitaire de l’auteur, du lecteur et de la page qui nous rassemble. Ainsi se réalise le mystère, constamment renouvelé, de nos retrouvailles, grâce au médium insaisissable de la conscience, où vogue la pensée.  Je remercie tous ceux qui acceptent d’entrer dans ce partage avec moi.

Louise Thunin, née aux Etats-Unis, est auteur bilingue.  Elle a publié des nouvelles, des romans et des livres-témoignage de son activité en tant qu’aumônier, dans un établissement pénitentiaire pour hommes.  Son ouvrage le plus récent est un « oracle » psycho-spirituel, Alliance divine, cartes de sagesse biblique, accompagnées d’un livret explicatif. La présentation en est entièrement bilingue.  Ce jeu, aux illustrations frappantes, est unique en son genre. On peut l’utiliser seul ou en groupe.  L’ouvrage sera disponible au courant de l’été 2016. 

D’où vient toute cette lumière ?

Avec l’œil droit, j’ai vu du vert vif, du rouge écarlate ; plus tard, à gauche, du rose et du bleu-ciel-d’été. Avec plein d’éclats blancs les deux fois. C’était carrément psychédélique !
C’est que, dernièrement, je me suis fait opérer de la cataracte (deux fois !). Heureusement, nous n’avons que deux yeux – de chair, en tout cas ! C’est une petite opération rapide et très courante. Mais c’est dix minutes de voyage aussi, au cœur d’une lumière qui jaillit. Mais d’où ? Comment mes yeux peuvent-ils receler autant de couleurs et d’éclairs ? Certes, une forte lumière au-dessus de nous permet au chirurgien et à son équipe de voir ce qu’ils font. Alors, me dis-je, c’est physio… logique.
Shootée par l’anesthésiste juste ce qu’il faut pour planer gentiment, j’entends ce qui se dit et ne m’en émeut pas.

Je suis éblouie par cette brillance que mes propres yeux semblent générer. Pourtant, mes yeux ne sont que « viande » et ne peuvent rien créer. Les nerfs qui les habitent, les vaisseaux qui les irriguent, eux non plus n’inventent rien. Je reste perplexe. Quelque-chose est donné.
Mon amie aveugle ne se fera jamais opérer de la cataracte et ne verra pas ce que j’ai vu. La lumière d’Isa reste sous couvercle, alors que la mienne capte et me rapporte une image du monde. Pourtant, mon amie doit bien avoir sa part du rayonnement de la création, elle aussi. L’accès physique en est bloqué, mais le potentiel demeure.
Je crois que nous sommes des ampoules dont le courant est activé (ou non, comme chez Isa) par la Vie. Une Lumière ineffable se cache au fond de chacune de nos cellules.
Lorsque, le lendemain de mon opération, j’ai enlevé le pansement qui me recouvrait l’œil, j’ai vu chaque brin d’herbe de ma pelouse. J’avais même oublié qu’une pelouse consiste en de multiples brins ! Un aimable Monet impressionniste s’est transformé en un Douanier-Rousseau tout net. Avant, j’avais comme un voile ; je croyais voir, mais je me trompais. Et si c’était ça, « ce monde » (même quand on peut détailler les brins d’herbe!) : une erreur de perception ?
Les métaphysiciens parlent d’image superposée… Ce monde est un magistral trompe-l’œil ; si nous voyions vraiment, nous ne verrions que beauté.