Découvrez : Alliance Divine

Cartes et livret entièrement bilingues (français-anglais)

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Si une langue est un voyage de l’âme, je me suis incarnée en ce monde avec une valise !  Partie d’une contrée qui s’appelle « l’anglais », j’arrive à une autre, celle du français.  Sur la page je trouve ma patrie, quelle que soit l’expression choisie.  J’aime ce qui s’y passe : cette rencontre trinitaire de l’auteur, du lecteur et de la page qui nous rassemble. Ainsi se réalise le mystère, constamment renouvelé, de nos retrouvailles, grâce au médium insaisissable de la conscience, où vogue la pensée.  Je remercie tous ceux qui acceptent d’entrer dans ce partage avec moi.

Louise Thunin, née aux Etats-Unis, est auteur bilingue.  Elle a publié des nouvelles, des romans et des livres-témoignage de son activité en tant qu’aumônier, dans un établissement pénitentiaire pour hommes.  Son ouvrage le plus récent est un « oracle » psycho-spirituel, Alliance divine, cartes de sagesse biblique, accompagnées d’un livret explicatif. La présentation en est entièrement bilingue.  Ce jeu, aux illustrations frappantes, est unique en son genre. On peut l’utiliser seul ou en groupe.  L’ouvrage sera disponible au courant de l’été 2016. 

La question de Lucette

Je rencontre Lucette dans le cadre d’un groupe d’intercession. Elle est bonne et bienveillante. Certaines personnes en difficulté trouvent auprès d’elle de l’écoute, de l’attention et de l’encouragement. Elle n’est plus bien jeune, et l’âge venant, son acuité auditive s’estompe. « Pourquoi, m’a-t-elle dit un jour, est-ce que Dieu me donne des personnes à écouter et en même temps la surdité ? » Il faut en convenir, il n’y pas beaucoup de logique là-dedans. Je lui ai dit tout simplement que je ne savais pas.
Que je ne sache pas, c’est certain, mais je n’aurais jamais eu l’idée de formuler la question ainsi, car Lucette voit « Dieu » comme un Être extérieur à elle qui donne à l’un ceci, à l’autre cela, et (je suppose) parfois ne semble rien donner du tout ou encore que des ennuis, si on suit le raisonnement. En ce cas, comment répondre, car un tel Dieu serait en effet un grand fantaisiste. Il faudrait faire l’arbre droit pour rattraper sa réputation, ce que, depuis des siècles, beaucoup essaient de faire (cela s’appelle la « théodicée »). Je crois que c’est peine perdue. C’est notre concept même du divin qu’il faut revisiter.

« Moi et le Père sommes un », dit Jésus, et s’il le dit, c’est pour que nous le disions à notre tour. Dire ne suffit pas ; il faut en prendre conscience et le vivre, il faut le réaliser. Pour cela, la plupart d’entre nous avons encore des kilomètres de pèlerinage intérieur à faire. Mais on peut toutefois approcher par l’intelligence de quoi il s’agit.
Le divin nous habite au plus profond et se manifeste en nous et en tant que nous. La surdité ne lui est pas « donnée » à Lucette mais manifestée en « ce monde » (illusoire, éphémère). Dieu « déguisée » en Lucette est dure d’oreille. Ce qui n’empêche pas la compassion de Lucette de se manifester simultanément et d’attirer des personnes en quête d’écoute.
Certes, le paradoxe n’est pas résolu et ne le sera pas. Lucette devra encore tendre l’oreille ou demander qu’on parle plus fort. Peut-être se rendra-t-elle compte que sa présence (exprimant une Présence plus grande) est ce qui réconforte et non d’entendre chaque parole qui lui est dite.