Découvrez : Alliance Divine

Cartes et livret entièrement bilingues (français-anglais)

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Si une langue est un voyage de l’âme, je me suis incarnée en ce monde avec une valise !  Partie d’une contrée qui s’appelle « l’anglais », j’arrive à une autre, celle du français.  Sur la page je trouve ma patrie, quelle que soit l’expression choisie.  J’aime ce qui s’y passe : cette rencontre trinitaire de l’auteur, du lecteur et de la page qui nous rassemble. Ainsi se réalise le mystère, constamment renouvelé, de nos retrouvailles, grâce au médium insaisissable de la conscience, où vogue la pensée.  Je remercie tous ceux qui acceptent d’entrer dans ce partage avec moi.

Louise Thunin, née aux Etats-Unis, est auteur bilingue.  Elle a publié des nouvelles, des romans et des livres-témoignage de son activité en tant qu’aumônier, dans un établissement pénitentiaire pour hommes.  Son ouvrage le plus récent est un « oracle » psycho-spirituel, Alliance divine, cartes de sagesse biblique, accompagnées d’un livret explicatif. La présentation en est entièrement bilingue.  Ce jeu, aux illustrations frappantes, est unique en son genre. On peut l’utiliser seul ou en groupe.  L’ouvrage sera disponible au courant de l’été 2016. 

Un océan sous un papier à bon-bon

Un océan sous un papier à bonbon, ce n’est pas évident.  Et vous imaginez que je peux écrire sur ce sujet, simplement parce que traverser l’Océan, c’est mon truc ?

         Qu’est-ce qui vous fait penser, d’ailleurs, que je sais quoi que ce soit sur les bonbons ou sur les océans ? Il me semble qu’un papier à bonbon est trop petit pour recouvrir l’Atlantique, mais dire cela serait entrer dans des considérations bassement terre-à-terre— ce qui ne convient pas pour parler des océans.  Un papier à bonbon, ça limite un peu le regard, alors qu’un océan l’ouvre. On ne sait pas ce qu’il y a de l’autre côté, alors que de l’autre côté du bonbon, il y a des calories, point barre. Il y a un moment de plaisir, peut-être, si on aime les bonbons. Il peut y avoir une visite chez le dentiste sous-jacente. Mais là, on s’en fiche, ce n’est pas du tout poétique.

         Un océan est une toute autre affaire, ça brille sous la lune, ça va et vient au rythme des sphères célestes, ça peut t’engloutir un équipage ou bien rendre le goût de vivre à un déprimé. J’ai envie de dire qu’il y a justement tellement à dire sur les océans que vous m’en demandez trop.

         Comme océan, je ne connais que l’Atlantique, puisque c’est celui-là qui m’a bercée, secouée et transportée jusqu’ici.  La première fois que je suis venue, j’ai pu l’observer, vraiment, puisque j’ai pris Le France. Oui, je sais, c’est une pièce de musée maintenant et moi aussi ! On était remué comme sur un dos d’éléphant, ce qui pouvait enlever toute envie de dîner dans les salles à mangers splendides qu’offrait le mythique paquebot.  Même dans son plus jeune âge, on n’a pas forcément l’estomac bien arrimé. Mais c’est léger de parler ainsi de l’illustre France et de mes vingt ans aussi, alors je n’ai rien dit.

         Je me rappelle bien les cris enthousiastes des passagers quand, après cinq jours, nous avons aperçu la côte anglaise.  Un peu plus tard, ce fut le port du Havre.  Havre de Grâce, quel nom émouvant, pourtant je me ne me rappelle pas l’avoir trouvé très beau.

         Et là, la mémoire me fait défaut, alors que je devrais être émue : enfin je posais le pied sur ce sol français dont je rêvais depuis longtemps. D’une façon ou d’une autre, j’ai dû trouver un train pour gagner Paris, puisque c’est là que mes souvenirs commencent à faire surface plus sérieusement. En fait, j’ai laissé l’Atlantique derrière moi, là, sous le quai.  Pour le papier à bonbon, il faudra repasser.