Découvrez : Alliance Divine

Cartes et livret entièrement bilingues (français-anglais)

Voir le jeu     Tirer ma carte du jour

Si une langue est un voyage de l’âme, je me suis incarnée en ce monde avec une valise !  Partie d’une contrée qui s’appelle « l’anglais », j’arrive à une autre, celle du français.  Sur la page je trouve ma patrie, quelle que soit l’expression choisie.  J’aime ce qui s’y passe : cette rencontre trinitaire de l’auteur, du lecteur et de la page qui nous rassemble. Ainsi se réalise le mystère, constamment renouvelé, de nos retrouvailles, grâce au médium insaisissable de la conscience, où vogue la pensée.  Je remercie tous ceux qui acceptent d’entrer dans ce partage avec moi.

Louise Thunin, née aux Etats-Unis, est auteur bilingue.  Elle a publié des nouvelles, des romans et des livres-témoignage de son activité en tant qu’aumônier, dans un établissement pénitentiaire pour hommes.  Son ouvrage le plus récent est un « oracle » psycho-spirituel, Alliance divine, cartes de sagesse biblique, accompagnées d’un livret explicatif. La présentation en est entièrement bilingue.  Ce jeu, aux illustrations frappantes, est unique en son genre. On peut l’utiliser seul ou en groupe.  L’ouvrage sera disponible au courant de l’été 2016. 

Voilà mon maître

Bon sang, le voilà encore, ce politicien (cette politicienne) qui m’insupporte !  On entend une version de ça tous les jours, pas vrai ?  Que ce soit aux Etats-Unis ou en France, où j’habite.  Les gens ont le poil hérissé, et la plupart d’entre eux sont sûrs qu’ils font une analyse lucide et juste de la situation, la personne, le programme. Je suis pareille. Mais lorsque je sens que les racines de mes cheveux commencent à se dresser (un peu comme ma chatte Kallie, quand elle fait face à ce matou tigré dans le jardin), je pense à ce que nous conseillent les Bouddhistes en pareil cas : ne pas se dire, « Le/la voilà, ce(tte) & !;@* » mais, « Tiens, voilà mon maître ».

J’ai rencontré Job à la Maison d’arrêt

Appelons-le  « Joseph ».  Je l’ai vu en sac de deuil, la tête couverte de cendres, sur son tas d’ordures, des croûtes plein la peau.  Métaphores, évidemment.  Joseph est un homme fin, doté d’une compréhension subtile des personnes et des choses, d’un sens délicieux de l’humour derrière lequel il cache sa souffrance—rien qu’un temps—car lorsqu’il entre dans le récit de sa vie, on n’entend plus qu’elle.

Ses parents n’ayant pas réussi à le tuer à force de coups, ils l’ont déposé devant un couvent.  Ballotté de famille d’accueil en famille d’accueil (onze en tout), il se  dit colis postal. 

La question de Lucette

Je rencontre Lucette dans le cadre d’un groupe d’intercession. Elle est bonne et bienveillante. Certaines personnes en difficulté trouvent auprès d’elle de l’écoute, de l’attention et de l’encouragement. Elle n’est plus bien jeune, et l’âge venant, son acuité auditive s’estompe. « Pourquoi, m’a-t-elle dit un jour, est-ce que Dieu me donne des personnes à écouter et en même temps la surdité ? » Il faut en convenir, il n’y pas beaucoup de logique là-dedans. Je lui ai dit tout simplement que je ne savais pas.
Que je ne sache pas, c’est certain, mais je n’aurais jamais eu l’idée de formuler la question ainsi, car Lucette voit « Dieu » comme un Être extérieur à elle qui donne à l’un ceci, à l’autre cela, et (je suppose) parfois ne semble rien donner du tout ou encore que des ennuis, si on suit le raisonnement. En ce cas, comment répondre, car un tel Dieu serait en effet un grand fantaisiste. Il faudrait faire l’arbre droit pour rattraper sa réputation, ce que, depuis des siècles, beaucoup essaient de faire (cela s’appelle la « théodicée »). Je crois que c’est peine perdue. C’est notre concept même du divin qu’il faut revisiter.