Alliance Divine

Cartes et livret entièrement bilingues (français-anglais)

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Thé-au-logis avec mes chats

le « dernier-né » des ouvrages de Louise !

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Si une langue est un voyage de l’âme, je me suis incarnée en ce monde avec une valise !  Partie d’une contrée qui s’appelle « l’anglais », j’arrive à une autre, celle du français.  Sur la page je trouve ma patrie, quelle que soit l’expression choisie.  J’aime ce qui s’y passe : cette rencontre trinitaire de l’auteur, du lecteur et de la page qui nous rassemble. Ainsi se réalise le mystère, constamment renouvelé, de nos retrouvailles, grâce au médium insaisissable de la conscience, où vogue la pensée.  Je remercie tous ceux qui acceptent d’entrer dans ce partage avec moi.

Louise Thunin, née aux Etats-Unis, est auteur bilingue.  Elle a publié des nouvelles, des romans et des livres-témoignage de son activité en tant qu’aumônier, dans un établissement pénitentiaire pour hommes. Louise à créé un « oracle » psycho-spirituel, Alliance divine, cartes de sagesse biblique, accompagnées d’un livret explicatif. La présentation en est entièrement bilingue.  Ce jeu, aux illustrations frappantes, est unique en son genre. On peut l’utiliser seul ou en groupe.

La Loterie 

(Hésiter-leçons-reins-brusquement)

         Mélinda hésite.  Des cours de golf ?  Des leçons particulières de Pilates avec son coach personnel ?  Ou les deux ?  Ou encore des cours de tennis au country club, dont elle est désormais membre ? Pas besoin de se priver.  Joe a gagné à la loterie de l’état de New York, 10 millons de dollars. Ils ont donc arrêté de travailler.  Elle a pris congé de son emploi aux services municipaux de leur petite ville et Joe a suspendu son tablier en caoutchouc à un crochet dans le garage…non sans quelques regrets.  Il allait faire quoi de son temps maintenant ?

         Depuis des années, Joe faisait de la maintenance de piscines privées dans les quartiers les plus huppés d’une ville bon-chic bon-genre ouvrant sur la baie de Long Island.  Les financiers de Wall Street faisaient le trajet pendulaire entre Manhattan et leurs superbes villas style rustique normand (avec colombages) et autres chalets suisses. 

         Joe avait souvent été malmené par ses employeurs qui le sous-payaient et le méprisaient parce qu’il acceptait cela.  Lorsqu’il s’est intoxiqué et brûlé avec des produits chimiques mal emballés par l’un des propriétaires riches et qu’il avait dû être hospitalisé pendant six semaines, l’employeur en question a refusé catégoriquement de prendre en compte son congé de maladie et aucun jour manqué ne lui avait été rémunéré.  Heureusement que Mélinda travaillait. Même si elle souffrait elle-même d’un méchant tour de reins (elle avait trop jardiné), il n’était pas question de s’arrêter, pas un seul jour. 

         Pourtant, après cet incident, Joe avait repris son travail avec courage, continuant à aller même chez le propriétaire indélicat.  Une piscine à entretenir représente un revenu et n’avaient-ils pas deux enfants à la Fac d’à côté ?  Il fallait payer les frais de leurs études, les livres…

         Joe se plaisait à apporter des fruits et légumes de leur jardin aux propriétaires sympas – il y en avait-- et tailler une bavette.  Sa bonne humeur était sans égal, quoi que le sort lui réserve.

         Et brusquement leur vie avait changé – allait changer, puisqu’ils n’avaient pas encore vraiment réalisé ce qui leur arrivait.  Joe jouait souvent à la loterie ; une fois il avait empoché cent-vingt dollars, mais là, le gros lot ?  C’était inconcevable et pourtant vrai. L’argent était à la banque.  Melinda regardait son relevé avec stupeur et incrédulité.  Les gosses avaient de nouvelles chaussures, des Nike ce coup-ci, mais à part ça…  Oh et oui, ils avaient dîné dans un restau italien réputé à Manhattan, chez Mamma Mia.  Mais sinon… Ça lui manquait d’embaucher à 9 heures, de discuter un peu avec les collègues à côté de la machine à café avant d’entrer dans son bureau… Quand Joe lui a proposé d’embaucher une femme de ménage, elle a dit, Surtout pas, je vais faire quoi de mes journées ? 

         D’ailleurs, elle a remarqué que Joe contemplait avec nostalgie son tablier dans le garage.  Tiens, il est où le tablier ce matin ?  Et Joe, il est où ?  Il manque des cageots de pommes…il les aura emporté où ?  Mélinda jurerait qu’il est reparti chez ses anciens clients partager un peu la bonne récolte avec eux…regarder un peu aussi, sans doute, s’il faut filtrer leurs piscines une fois encore avant de les bâcher pour l’hiver.