Alliance Divine

Cartes et livret entièrement bilingues (français-anglais)

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Thé-au-logis avec mes chats

le « dernier-né » des ouvrages de Louise !

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Si une langue est un voyage de l’âme, je me suis incarnée en ce monde avec une valise !  Partie d’une contrée qui s’appelle « l’anglais », j’arrive à une autre, celle du français.  Sur la page je trouve ma patrie, quelle que soit l’expression choisie.  J’aime ce qui s’y passe : cette rencontre trinitaire de l’auteur, du lecteur et de la page qui nous rassemble. Ainsi se réalise le mystère, constamment renouvelé, de nos retrouvailles, grâce au médium insaisissable de la conscience, où vogue la pensée.  Je remercie tous ceux qui acceptent d’entrer dans ce partage avec moi.

Louise Thunin, née aux Etats-Unis, est auteur bilingue.  Elle a publié des nouvelles, des romans et des livres-témoignage de son activité en tant qu’aumônier, dans un établissement pénitentiaire pour hommes.  Son ouvrage le plus récent est un « oracle » psycho-spirituel, Alliance divine, cartes de sagesse biblique, accompagnées d’un livret explicatif. La présentation en est entièrement bilingue.  Ce jeu, aux illustrations frappantes, est unique en son genre. On peut l’utiliser seul ou en groupe.  L’ouvrage sera disponible au courant de l’été 2016. 

La Grille

« Pourtant, je suis persuadée d’avoir fermé la grille »

         Linda était la fille d’immigrés allemands, un couple de braves protestants d’origine paysanne, à l’accent de la Basse-Saxe.  La famille, c’est-à dire Linda, son frère Eric, et leurs parents, habitaient une maison modeste mais confortable dans une petite ville du New Jersey.  Leur rue, à 20 minutes à pied de la mienne, était ombragée par de magnifiques érables.

         Au cours de son année de terminale, Linda tomba amoureuse.  Rien de plus banal, me direz-vous, mais attention, elle tomba amoureuse de l’Eglise Catholique. Je ne sais si c’était les yeux ténébreux de Jean XXIII qui l’ont séduite, ou les offices de cette vénérable institution, où symboles, encens, liturgie  et mystère (on célébrait encore, tout juste, en Latin) devaient se bousculer dans le cœur mystique et influençable de l’adolescente. 

CREME de LAIT

Elle a un grain de peau sans grain, si tu vois ce que je veux dire : mince couche de crème sur le lait qui a bouilli qui a refroidi.  Y en a que ça dégoûte, moi non, j’aime en mettre les drapés, les lambeaux dans mon café noir ciel-nocturne puis voir les bords se transformer doucement en cumulus blancs. 

            Je laissais traîner mon doigt sur sa joue, c’était comme si j’allais déguster la crème fleurette qu’elle est tout entière.  Elle, elle m’attrapait le doigt pour le porter à ses lèvres.  Elle a les lèvres fines des filles qui lisent des bouquins et passent des examens, mais elle, elle n’en a jamais passé.  Vingt-deux ans et déjà quatre de trottoir.  Au début elle avait ce teint blanc limite gris des gamines des pays de l’est nourries qu’à la patate à l’eau.  Depuis le temps elle a pris des couleurs.  Ça lui arrive de rougir aussi, de gêne et même de plaisir.

Un océan sous un papier à bon-bon

Un océan sous un papier à bonbon, ce n’est pas évident.  Et vous imaginez que je peux écrire sur ce sujet, simplement parce que traverser l’Océan, c’est mon truc ?

         Qu’est-ce qui vous fait penser, d’ailleurs, que je sais quoi que ce soit sur les bonbons ou sur les océans ? Il me semble qu’un papier à bonbon est trop petit pour recouvrir l’Atlantique, mais dire cela serait entrer dans des considérations bassement terre-à-terre— ce qui ne convient pas pour parler des océans.  Un papier à bonbon, ça limite un peu le regard, alors qu’un océan l’ouvre. On ne sait pas ce qu’il y a de l’autre côté, alors que de l’autre côté du bonbon, il y a des calories, point barre. Il y a un moment de plaisir, peut-être, si on aime les bonbons. Il peut y avoir une visite chez le dentiste sous-jacente. Mais là, on s’en fiche, ce n’est pas du tout poétique.