Alliance Divine

Cartes et livret entièrement bilingues (français-anglais)

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Thé-au-logis avec mes chats

le « dernier-né » des ouvrages de Louise !

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Si une langue est un voyage de l’âme, je me suis incarnée en ce monde avec une valise !  Partie d’une contrée qui s’appelle « l’anglais », j’arrive à une autre, celle du français.  Sur la page je trouve ma patrie, quelle que soit l’expression choisie.  J’aime ce qui s’y passe : cette rencontre trinitaire de l’auteur, du lecteur et de la page qui nous rassemble. Ainsi se réalise le mystère, constamment renouvelé, de nos retrouvailles, grâce au médium insaisissable de la conscience, où vogue la pensée.  Je remercie tous ceux qui acceptent d’entrer dans ce partage avec moi.

Louise Thunin, née aux Etats-Unis, est auteur bilingue.  Elle a publié des nouvelles, des romans et des livres-témoignage de son activité en tant qu’aumônier, dans un établissement pénitentiaire pour hommes.  Son ouvrage le plus récent est un « oracle » psycho-spirituel, Alliance divine, cartes de sagesse biblique, accompagnées d’un livret explicatif. La présentation en est entièrement bilingue.  Ce jeu, aux illustrations frappantes, est unique en son genre. On peut l’utiliser seul ou en groupe.  L’ouvrage sera disponible au courant de l’été 2016. 

Perdu le Nord

Yunex avait obtenu son permis de piloter. Il allait demander les clés ce soir à Papa : les clés de la soucoupe dernière modèle posée devant la maison sur l’aire de parking des vaisseaux intersidéraux. Ses parents avaient chacun sa soucoupe – il n’y aurait pas de problème, si les vieux voulaient sortir eux aussi.
Et Papa était d’accord, mais à condition que Yunex s’engage à respecter toutes les consignes de sécurité de la vaisseau-école et qu’il soit de retour avant le coucher des trois lunes.
Ce que Yunex ne tenait pas trop à leur avouer, c’est qu’il voulait draguer. Avoir sa propre soucoupe, ça jetait, surtout sur le grand boulevard qu’ils appelaient familièrement la Voie Lactée. Il se garerait devant un bistro et regarderait qui entrait, qui sortait. Quand il verrait une nana qui lui plaise, il l’inviterait à faire un tour. Il ajusta son habit en latex blanc super-collant et passa une main dans ses cheveux bleus. Encore un chouia de gel, pour que les pointes tiennent bien en l’air, et le tour serait joué. Il se trouvait très séduisant.

Valse d’hésitation

J’hésite. «  Le proverbe anglais dit, » Qui hésite est perdu ». Alors, je crois que je suis perdue. Je ne sais pas quoi faire. Je l’épouse ? Je ne l’épouse pas ?
Hier soir au restaurant, il s’est mis à genoux devant moi – au vu de tous les autres clients, qui riaient dans leur barbe. Il m’a tendu ce diamant. D’accord, il est gros. Aussi gros que la poignée de la porte des toilettes…presque. Mais épouser un homme pour son argent, cela ne se fait pas. Du moins pas par une femme sérieuse comme moi. Georges, je ne l’ai pas épousé pour son argent, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais je croyais en sa capacité à en gagner. Foi mal placée. Il n’a jamais ramené un radis à la maison.

Et tout fut terminé en une minute.


Nelly regardait, avec des yeux ronds, l’immense vaisseau argenté se poser silencieusement et avec douceur dans le champ d’orge. Cela brillait comme la soupière de sa grande tante qu’elle venait d’astiquer et renvoyait la lumière du soleil. On aurait dit que le couvercle du vaisseau (enfin, le toit) dardait des rayons blancs. Elle cilla. Elles étaient où, ses lunettes de soleil ? Pas un instant, Nelly n’eut peur. Ce n’est pas tous les jours qu’un OVNI se pose chez soi, c’est certain, mais pourquoi redouter le pire ? Nelly se réjouissait de cette visite inopinée. Aucune raison d’imaginer que les habitants (elle ne doutait pas qu’il y eût des habitants) de l’engin venaient en mission de paix. Elle avait hâte de les rencontrer. Elle passa rapidement dans la salle de bains pour vérifier sa coiffure et sortit, agitant un foulard blanc (blanc pour « je me rends » des fois qu’eux auraient peur d’elle). Dommage que Victor n’était pas à la maison cet après-midi, il ne la croirait jamais. De toute façon, Victor ne l’écoutait pas quand elle parlait, même de sujets passionnants, comme les prix décernés à tort (selon elle) à la foire agricole ou des quat’ cent coups du fils des voisins. Victor ne s’intéressait vraiment qu’à ses vaches laitières et qu’aux résultats sportifs.