Discover : Divine Covenant

Cards and guidebook entirely bilingual (English-French)

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It’s been said that our language is a journey of the soul.  If that’s so, I seem to have entered this world with a suitcase !  I departed from a country called « English » and have arrived in another, called « French. »  I find my homeland on the page, whichever language I choose.  I like what happens there : this threefold encounter of author, reader, and the page that brings us together.  There, the mystery of our connection expresses itself over and over, thanks to the intangible medium of consciousness, where our thoughts come and go, meet and disperse.  I thank all those who agree to enter and share this space with me.

Louise Thunin, born in the United States (New Jersey), is a bilingual author.  She has published short stories, novels and three books of creative non-fiction, chronicling, in diverse forms, her experiences as a chaplain in a men’s prison.  Her most recent work is an « oracle »  deck, Divine Covenant, Biblical wisdom cards, accompanied by a guidebook.  This strikingly illustrated deck is one of a kind, and its presentation is entirely bilingual. You can enjoy it alone or with others.  The set will be available during the summer of 2016.

Le gynécologue sourit…

Le gynécologue sourit. « Vos résultats sont positifs, Madame, et confirment le test que vous avez acheté en pharmacie. Vu la date de vos dernières règles, l’enfant sera pour le début du mois de juin. »
Annabelle sortit du cabinet les joues brûlantes, le cœur battant. Il faudrait l’annoncer à Bertrand sans tarder, non parce qu’il fallait faire vite pour une quelconque raison objective, mais parce qu’elle savait qu’elle n’allait pas pouvoir vivre avec le secret. Et pas question de le faire passer non plus. Elle était bien trop amoureuse de John. Un petit de lui ! Son cœur bondissait. Enfin, elle le pensait de lui. Mais au fond, comment en être sûre ? Elle prit son courage à deux mains le soir même.
Bertrand, tu sais, ça fait quelque temps que je me sens drôlement barbouillée le matin.
Ah, tu ne me l’avais pas dit. Tu as des problèmes de digestion ? Ou bien… ?
Eh bien, justement, j’ai voulu en avoir le cœur net, et j’ai fait des tests. J’ai vu le Dr Obst aujourd’hui et…voilà…c’est que…
Tu es enceinte ?

La nuit tous les chats ne sont pas gris

Bonjour, c’est Bastet qui vous parle et qui écrit ce texte. Cette chère Madame Louise a la flemme. Vous me connaissez, n’est-ce pas ? C’est moi qui vous reçois quand vous venez à la maison pour écrire dans notre salon. Vous prenez même mon fauteuil et mon canapé, mais c’est avec plaisir, j’aime beaucoup recevoir. Vous l’aurez remarqué. J’aime sentir vos sacs à main, surtout si vous avez des animaux de compagnie chez vous, et puis j’adore même m’étaler dessus. J’aime aussi vos genoux qui sont accueillants.
Il paraît qu’il faut inclure certains mots dans son récit, et le premier qu’elle m’a dit, la mémère, c’est « nuit ». Ça m’a inspiré tout de suite, je peux vous le dire.
Il y a un proverbe que je suis tout à fait récalcitrante à entendre, que je conteste, et j’en saisis l’opportunité. Ce proverbe idiot dit que « la nuit, tous les chats sont gris. » Pour être un chat gris, je peux vous dire que c’est du pur pipo. Ca démontre bien que l’être humain ne voit quedal la nuit. Nous, les chats, on a cinq fois votre capacité de vision nocturne. Alors vos proverbes, hein… ?

Perdu le Nord

Yunex avait obtenu son permis de piloter. Il allait demander les clés ce soir à Papa : les clés de la soucoupe dernière modèle posée devant la maison sur l’aire de parking des vaisseaux intersidéraux. Ses parents avaient chacun sa soucoupe – il n’y aurait pas de problème, si les vieux voulaient sortir eux aussi.
Et Papa était d’accord, mais à condition que Yunex s’engage à respecter toutes les consignes de sécurité de la vaisseau-école et qu’il soit de retour avant le coucher des trois lunes.
Ce que Yunex ne tenait pas trop à leur avouer, c’est qu’il voulait draguer. Avoir sa propre soucoupe, ça jetait, surtout sur le grand boulevard qu’ils appelaient familièrement la Voie Lactée. Il se garerait devant un bistro et regarderait qui entrait, qui sortait. Quand il verrait une nana qui lui plaise, il l’inviterait à faire un tour. Il ajusta son habit en latex blanc super-collant et passa une main dans ses cheveux bleus. Encore un chouia de gel, pour que les pointes tiennent bien en l’air, et le tour serait joué. Il se trouvait très séduisant.