Discover : Divine Covenant

Cards and guidebook entirely bilingual (English-French)

See the deck     Draw a card

It’s been said that our language is a journey of the soul.  If that’s so, I seem to have entered this world with a suitcase !  I departed from a country called « English » and have arrived in another, called « French. »  I find my homeland on the page, whichever language I choose.  I like what happens there : this threefold encounter of author, reader, and the page that brings us together.  There, the mystery of our connection expresses itself over and over, thanks to the intangible medium of consciousness, where our thoughts come and go, meet and disperse.  I thank all those who agree to enter and share this space with me.

Louise Thunin, born in the United States (New Jersey), is a bilingual author.  She has published short stories, novels and three books of creative non-fiction, chronicling, in diverse forms, her experiences as a chaplain in a men’s prison.  Louise has created an « oracle »  deck, Divine Covenant, Biblical wisdom cards, accompanied by a guidebook.  This strikingly illustrated deck is one of a kind, and its presentation is entirely bilingual. You can enjoy it alone or with others.

Si je t’aimais

Un jour tu m’as demandé si je t’aimais. Ta voix était inquiète, insistante.
Devant l’immensité de la question je n’ai rien su répondre.
Aimer ? C’est quoi, aimer ?
On croit savoir et puis on nous demande et puis on ne sait plus. Le mettre en mots, quelle gageure ! Il y a l’amour maternel, l’amour romantique, l’amour érotique, l’amour jaloux, l’amour mystique, l’amour fou…
Je pouvais te dire que j’aimais être avec toi, me balader, deviser, que j’aimais que tu me serres dans tes bras, mais est-ce que je t’aimais ?
Lâchement, et honnêtement sans doute, j’ai dit, Je ne sais pas.


Si je t’aimais, j’aurais su que c’est par toi que la lumière fut et que la terre prit forme. J’aurais su que c’est toi qui parsèmes la voûte céleste de galaxies tournoyantes à l’infini et qui au matin déplies l’aurore. J’aurais su que tu fais rentrer les marées à l’heure et règles le ballet des planètes.
Mais pour moi tu ne faisais rien de tout cela. J’en déduisis que je ne t’aimais pas. Si un jour tu partais, mon ciel ne s’effondrerait pas ni le sol ne se déroberait sous mes pas. Si tu partais, je poursuivrais un chemin caillouteux, rugueux parfois, droit et ombragé à d’autres fois. Mais un chemin, le mien.
Et puis ce jour es venu et tu es parti.
Le chemin a débouché sur un désert où, assoiffée, j’ai appris ce que ma raison m’avait refusé. J’ai appris l‘esseulement, le dépeuplement. Il m’a fallu pour enseignantes les dunes brûlantes et les nuits glaciales, la solitude de la tente dressée au milieu de nulle part. Ce jour-là j’ai appris que je t’aimais.