Discover : Divine Covenant

Cards and guidebook entirely bilingual (English-French)

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It’s been said that our language is a journey of the soul.  If that’s so, I seem to have entered this world with a suitcase !  I departed from a country called « English » and have arrived in another, called « French. »  I find my homeland on the page, whichever language I choose.  I like what happens there : this threefold encounter of author, reader, and the page that brings us together.  There, the mystery of our connection expresses itself over and over, thanks to the intangible medium of consciousness, where our thoughts come and go, meet and disperse.  I thank all those who agree to enter and share this space with me.

Louise Thunin, born in the United States (New Jersey), is a bilingual author.  She has published short stories, novels and three books of creative non-fiction, chronicling, in diverse forms, her experiences as a chaplain in a men’s prison.  Louise has created an « oracle »  deck, Divine Covenant, Biblical wisdom cards, accompanied by a guidebook.  This strikingly illustrated deck is one of a kind, and its presentation is entirely bilingual. You can enjoy it alone or with others.

Valse d’hésitation

J’hésite. «  Le proverbe anglais dit, » Qui hésite est perdu ». Alors, je crois que je suis perdue. Je ne sais pas quoi faire. Je l’épouse ? Je ne l’épouse pas ?
Hier soir au restaurant, il s’est mis à genoux devant moi – au vu de tous les autres clients, qui riaient dans leur barbe. Il m’a tendu ce diamant. D’accord, il est gros. Aussi gros que la poignée de la porte des toilettes…presque. Mais épouser un homme pour son argent, cela ne se fait pas. Du moins pas par une femme sérieuse comme moi. Georges, je ne l’ai pas épousé pour son argent, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais je croyais en sa capacité à en gagner. Foi mal placée. Il n’a jamais ramené un radis à la maison.

Ensuite, il y a eu Gérard. Lui ne faisait que travailler. Avec de la chance, je pouvais le voir de temps à autre le weekend, quand la pile de papiers qu’il ramenait à la maison n’était pas trop haut. Je me suis tellement ennuyée, que je l’ai quitté pour Gustave. Ça, c’était un homme avec qui on pouvait rire et danser. Tellement, que toutes les femmes en voulaient leur part. Cette fois-ci, c’est lui qui est partie – au bras d’une pimbêche blondasse tellement idiote qu’elle essayait de nettoyer ses fautes de frappe sur l’écran de l’ordinateur avec du Blanco. Si c’était ça son vrai goût, il est certain qu’on n’était pas faits l’un pour l’autre. Oh et puis zut ; il ronflait comme une forge. J’ai failli en perdre le sommeil. Alors, bon débarras !
Et voilà, maintenant c’est Albert qui veut ma main. Il est gentil mais un peu en surpoids. Il faudrait que je surveille son régime. Ça ne m’inspire pas. Il dirige la fabrique de soutien-gorge. Au moins il sait reconnaître une belle poitrine quand il en voit une ! Et je pourrais changer mes soutifs tous les 3 mois sans frais. C’est ce que recommande la publicité. Dire que je ne le savais pas. Je les faisais durer 3 ans !
Il est vrai que ce diamant sur ma main gauche est du plus bel effet. Je le garde un peu à l’essai – le diamant, je veux dire. Pour Albert, on verra. C’est vrai qu’il faut rendre la bague de fiançailles, si on rompt ? Parce qu’à vrai dire, je ne lui ai dit ni oui ni non. Et un cadeau offert en toute amitié et sans rien demander en retour est un cadeau, point-barre. A moins que le retour ne soit que je l’épouse. Et ça je ne sais pas. Que voulez-vous, j’hésite !