Discover : Divine Covenant

Cards and guidebook entirely bilingual (English-French)

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It’s been said that our language is a journey of the soul.  If that’s so, I seem to have entered this world with a suitcase !  I departed from a country called « English » and have arrived in another, called « French. »  I find my homeland on the page, whichever language I choose.  I like what happens there : this threefold encounter of author, reader, and the page that brings us together.  There, the mystery of our connection expresses itself over and over, thanks to the intangible medium of consciousness, where our thoughts come and go, meet and disperse.  I thank all those who agree to enter and share this space with me.

Louise Thunin, born in the United States (New Jersey), is a bilingual author.  She has published short stories, novels and three books of creative non-fiction, chronicling, in diverse forms, her experiences as a chaplain in a men’s prison.  Louise has created an « oracle »  deck, Divine Covenant, Biblical wisdom cards, accompanied by a guidebook.  This strikingly illustrated deck is one of a kind, and its presentation is entirely bilingual. You can enjoy it alone or with others.

Perdu le Nord

Yunex avait obtenu son permis de piloter. Il allait demander les clés ce soir à Papa : les clés de la soucoupe dernière modèle posée devant la maison sur l’aire de parking des vaisseaux intersidéraux. Ses parents avaient chacun sa soucoupe – il n’y aurait pas de problème, si les vieux voulaient sortir eux aussi.
Et Papa était d’accord, mais à condition que Yunex s’engage à respecter toutes les consignes de sécurité de la vaisseau-école et qu’il soit de retour avant le coucher des trois lunes.
Ce que Yunex ne tenait pas trop à leur avouer, c’est qu’il voulait draguer. Avoir sa propre soucoupe, ça jetait, surtout sur le grand boulevard qu’ils appelaient familièrement la Voie Lactée. Il se garerait devant un bistro et regarderait qui entrait, qui sortait. Quand il verrait une nana qui lui plaise, il l’inviterait à faire un tour. Il ajusta son habit en latex blanc super-collant et passa une main dans ses cheveux bleus. Encore un chouia de gel, pour que les pointes tiennent bien en l’air, et le tour serait joué. Il se trouvait très séduisant.


La nuit était fraîche, et la brise qui soufflait depuis Arcturius faisait légèrement frissonner Yunex. Il regrettait de ne pas avoir pris le sweat à capuche en cuivre martelé que sa mère lui avait tendu. Tant pis, s’il faisait trop froid, il rentrerait dans le vaisseau, d’où il pouvait très bien observer ce qui se passait à la ronde. Soudain, il vit passer Spandia36 devant sa soucoupe ; il avait lorgnée sur elle tout au long de son année de terminale sans jamais avoir osé lui adresser la parole. Ce soir, fort de la confiance que lui prêtait son vaisseau spatial, il osa lui parler.
Hé, Spande, tu montes à bord ? Je te ferai voir les étoiles ! Spandia36 lissa sa longue chevelure verte et, tout sourire, sauta sur l’échelle pour monter.
Wah, elle est géniale cette soucoupe ! Elle est à toi ?
Ouais, mentit à peine Yunex. Elle l’était en tout cas pour ce soir.
Tu voudrais aller où ?
Ben, j’sais pas, mais il paraît qu’en direction de Gaia, il se passe des choses ce soir.
Des choses ?
Oui, une grande fête, quelque-chose du genre.
Ben, attends, je prends mon GPS (grandiose pilotage des stars), je règle sur Gaia, et c’est parti…
La route paraissait longue à Yunex, mais avec Spandia36 à côté de lui, c’était tant mieux. Il se rappelait qu’il avait un couvre-feu, mais bon, dans la dimension où ils se dirigeaient, le temps était tout autre, et peut-être même qu’ils
gagneraient quelques heures.
Dis, Spandia, t’es sûre qu’il y a fête sur Gaia aujourd’hui ?
Oui, oui, c’était dans le journal télévisé. Ils fêtent leur nouvel an, je crois – les gens boivent, dansent, se déguisent… On passera inaperçus.
KABOUM !
Le vaisseau avait heurté un objet volant non-identifié. Oh non – pourvu que la soucoupe de son père n’ait rien. La sueur coulait sous sa seconde peau de latex, son cœur battait. Ils étaient bien assurés par les Mutuelles Interplanétaires, mais quand même…
Spandia36 et Yunex descendirent de vaisseau. Ouf, qui n’avait rien du tout. Ils avaient heurté un véhicule des plus originaux : cela ressemblait à un truc kitsch de Terrien. Ca faisait quoi là au milieu des étoiles – depuis quand les Terriens maîtrisent le voyage astral ?
Des personnages totalement extra-stellaires en descendirent. Ils portaient des bonnets pointus ou à pompon, et un vieux personnage à longue barbe blanche, tout vêtu de rouge à bordure de fourrure blanche, sortit du cockpit. Ses yeux étaient exorbités d’étonnement. C’est le cas de le dire, car l’équipe avait perdu leur orbite.
Vous êtes qui ? Demanda-t-il. Vous venez d’où ? On est où, nous ? Ça fait un moment qu’on tourne dans les étoiles, et on ne trouve plus le pôle nord de notre planète. La nouvelle technologie, vous savez…
Yunex et Spandia se mirent à rire. Ah, on sait qui vous êtes, vous ! Vous êtes le Père Noël des Terriens avec vos lutins, et voici déjà un moment que votre Noël est passé. Vous êtes vraiment paumés !
Ben oui, avoua le bonhomme au manteau rouge. V’s auriez pas un GPS ?
Vous inquiétez pas, on va vous montrer sur la carte du cosmos ; Yunex le fit monter dans son vaisseau et lui désigna son tableau de bord. Regardez, Gaia, c’est juste au bout du chemin.